REPARTAGE  DU CHAMP DE BATAILLE

 

Un an de saut militaire qualitatif

La lettre envoyée le 12 Septembre dernier par le président des Etats-Unis, Georges Bush au premier ministre népalais, Sher Bahadur Deuba, en le félicitant, à l’occasion du premier anniversaire desd attentats du 11 Septembre sur les tours jumelles du Worl Trade Center, témoigne de l’importance ds actions militaires menées sous la direction du CPN(maoïste). Il est remarquable qu’à peine 3 jours avant la célébration hyper-médiatissée aux Etats-Unis du 11 Septembre, au Népal , le gouvernement réactionnaire a subi un sérieux revers, enregistrant en 24 heures 100 morts et 75 blessés au sein de son personnel militaire dans les régions orientales et occidentales du pays.

L’opération militaire de Saadikharta, quartier général du district d’Arghakhanchi (à 350 kilomètres à peine de Katmandu), a causé la mort de 66 membres du personnel de la sécurité, et blessé une trentaine d’autres ; Au cours de cette attaque, un baraquement de l’armée, le quartier général de district, le bureau de police et la résidence du chef de district, le bureau de police et la résidence du chef de district ont été complètement détruite. L’APL a également effectué un raid sur le bureau local de la Banque d’Etat Rastriya Baniya, s’appropriant 92 millions de roupies népalaises. Elle entreprit ensuite de faire main-basse sur une importante cache d’armes et de munitions, consistant en une série SLR, GPM,LMG, SMG, d’un mortier de 2 pouces et de grenades à main. Selon l’estimation du gouvernement , le coût total de ces évènements s’élève à 580 millions de roupies. On peut par ailleurs, remarquer qu’un hélicoptère à vision nocturne a été envoyé sur place, mais a été forcé de faire marche arrièreen raison de la violence des combats, de même deux autres hélicoptères militaire ont été endommagés par des tirs et ont dû se retirer en catastrophe. Il s’agit de l’attaque audacieuse la plus proche de Kathmandu [qui ait jamais eu lieu], ce qui indique que l’APL se rapproche lentement de la capitale, encore siège du fasciste régicide et fratricide Gyanandra. Cette bataille militaire fera date, commémorant fièrement le martyre du camarade Sunash Vagla, membre de remplacement du Bureau Politique du CPN (maoïste), et assassiné par la force réactionnaire. Soulignons aussi que la bataille militaire de Sandhikhartha succède à une autre attaque, toute aussi heureuse, sur le poste de police de Bhiman, 24 heures plus tôt. Bhiman est située à environ 19 kilomètres du quartier général du district de Sindhuli, dans la région orientale du Népal. Le combat qui infligea à l’ennemi 49 morts et une quarantaine de blessés, constitue à ce jour l’offensive la plus grave qu’ait subie le gouvernement dans la région orientale ; Les troupes envoyées en renfort sont tombés dans une embuscade, qui a causé la mort d’un soldat et en a blessé deux autres. Cette attaque sur Bhiman a, elle aussi, une forte charge symbolique pour les révolutionnaires communistes, car c’est là que le gouvernement réactionnaire a martyrisé le camarade Azad ;Il fut le premier à brandir la bannière de la révolte à l’encontre du IV ème Congrès [qui refusait de déclencher la guerre populaire.]

La proclamation de l’état d’urgence, le 26 novembre 2001, destiné à faciliter la mobilisation militaire, n’a pratiquement pas entamé les capacités d’action de l’APL, ni l’extension de la guerre populaire à travers le Népal.

Le principal effet de cet ensemble de mesures réside en fait dans l’élévation de la mortalité quotidienne, qui avoisine les 5-7 personnes par jour.

En fait que l’ANR (Armée nationale Royale) soit confinée dans les quartiers généraux des districts, les centres urbains et aux voies de communication routières, tandis que l’APL contrôle le reste du territoire, n’est un secret pour personne. Aussi la plupart des victimes assassinées au cours de ce qu’on appelle des « rencontres » ne sont que des innocents et des prisonniers politiques en détention.

Il n’y a pas à ce jour, une seule offensive militaire de la part de l’ANR, mais, en revanche, toutes les offensives menées par l’APL ont été couronnées d’un succès retentissant, les pertes étant très modestes [Cela indique qu’elles en sont encore au stade défensif]. Prenons par exemple le cas du combat contre les forces de sécurité à Mangelsen, le quartier général de district de Acham, situé 600 kilomètresau Nord-Ouest de la capitale, le 3 Février 2002 ; 48 membres des forces armées de la police et 46 militaires y ont été tués, tandis qu’il eût de nombreux blessés, l’officier en chef du district, le district, le Directeur National d’Investigation et sa femme furent également exécutés  durant l’attaque ; 10 offices départementaux dont le quartier général du district de la police furent brulés.

L’APL a pu se procurer des SLR, des LMG, 3 lanceurs de roquettes, 6 roquettes, des grenades et des cartouches. Elle parvint également à détruire un aéroport avoisinant, à Saphe Bazar. Cette attaque eut lieu à peine 3 mois après le déclenchement de l’état d’urgence et de la mobilisation générale. Il importe de rappeler que l’ennemi s’était vanté d’écraser le mouvement révolutionnaire en quelques semaines de mobilisation de l’armée royale.

Les attaques du 11 Avril 2001 dans le district de Dang, du poste de police de Lamahi et du camp de base de l’armée à Satharia sont encore plus embarrassantes pour l’ennemi : elles ont tourné au ridicule ses proclamations à propos des leçons retenues de l’offensive militaire conduite le 3 novembre 2001 contre sa fortification et son dépôt d’armements de Gohani, quartier général du district de Dang. Ces attaques au cours desquelles 34 soldats furent tués et des centaines d’autres blessés, avaient provoqué la promulgation de l’état d’urgence et de la mobilisation.

L’APL organisa un raid contre une banque Rastriya Banijya détruisant la sous-station de Népal Electrycity à Lamahi. Les armes confisquées consistent au total en 10 SLT, 3 MLG, 3 SMG, 59 fusils 303, plusieurs magnums, 17 pistolets et revolvers, 8 fusils à pompe et 48 grenades à main.

L’attaque hyper-médiatisée de l’ARN contre le camp maoïste de Lisne dans la Rolpa s’esr avérée n’être qu’un grand canular. Le gouvernement avait alors affirmé  avoir réussi à encercler et tuer 350 « terroristes ». Cependant, la vérité est que l’on a eu vent de l’opération, de l’approche de l’ANR, l’a attirée dans les zones plus retirées, et, loin d’être encerclée et attaquée, a mis en difficulté son retrait, qui n’a pu être posible que sous la couverture de leurs postes-arrières. En réalité , ce que l’ANR ne savait pas à l’époque, c’est qu’une contre-attaque était en préparation dans le m^me district de Rolpa, mais à un autre endroit. Cette attaque victorieuse eut lieu le 7 Avril 2001 contre le camp de base militaire de Jam. Le camp avait été fortifié et conçu en accord avec les conceptions avancées  des conseiller militaires américains. L’attaque fit 24 morts. A ce moment là, des membres du personnel militaire US étaient présents, mais ils parvinrent à sauver leur peau en fuyant précipitamment. Les armes et les munitions récupérées sont du même ordre que l’énorme prise de l’attaque historique, car initiale, des baraquements de l’armée à Ghorai , dans le Dang, le 23 Novembre 2001. Entre le début de l’Etat d’urgence, le 23 Novembre 2001, et aujourd’hui, d’innombrables actions militaires plus modestes ont été menées dans presque tout le territoire népalais. Il y a eu un nombre croissant d’embuscades, d’attaques de centres téléphoniques, d’une quarantaine de stations-relais, de centaines de bureau de développement dans les villages, de centrales électriques ;

.De même la capture et l’annihilation sélective d’ennemis avérés de la Révolution ont été menées au même titre que le plasticage des propriétés et des maisons d’une [sélection] de fascistes, d’inspecteurs et agents du gouvernement. Il y a aussi eu une augmentation des attaques surprises en zones urbaines, notamment à Kathmandou, la capitale du Népal. En mars 2002, le bureau de Gorkhapatra Corporation, un journal national gouvernemental, y a fait l’objet d’un attentat à la bombe. Durant la même période, un collège privé huppé, appartenant à Mohan Bahadur Pandey, un secrétaire de presse au Palais Royal, a également été plastiqué. Un groupe de forces spéciales [STF –Special Task Force] on même l’audace d’attaquer une installation militaire dans la capitale, en mars 2002, provoquant des dégâts dans le lieu historique « Silkhan » où sont conservés les armes et les munitions réformées de l’ANR. En plein cœur de la capitale une attaque à la bombe eut lieu contre le quartier général central du premier ministre d’alors, Shir Bahadur Deuba. Le 25 Août 2002 eût lieu une attaque importante à la bombe contre l’entreprise Tej and Karan. Un total de 22 bus et voitures furent détruits. Cette entreprise appartient à un homme d’affaire indien, qui parvint à susciter, en Inde, la colère et la fureur. A Chitwan, l’usine d’embouteillage Coca-Cola de Bottler’s Nepal  fut-elle aussi soufflée en avril 2001. De même, de nombreuses attaques contre les hélicoptères vont été prganisées. La dernière en date  visait un hélicoptère privé de Kannali Air Ways à Juha, dans le district  de Solokhumdu. Il faut encore remarquer dans ce même district la destruction victorieuse par l’APL de la tour de contrôle de l’aéroport Phaplu. Les innombrables attaques à la bombe, contre toutes sortes de bureaux municipaux urbains notamment, sont trop fréquentes pou être mentionnées.

Le nombre tours croissant de communiqués et rapports publiés par l’ambassade des Etats-Unis au Népal, visant à affaiblir les mouvements insurrectionnels du Népal, la multiplication des visites officielles de ministres des affaires étrangères, secrétaires d’Etat des Etats-Unis, Grande-Bretagne, et autres européens, ou les voyages du premier ministre népalais auprès de ces  Etats, en quête d’armements et de munitions, ou encore le flux de conseillers militaires de diverses origines auprès du gouvernement népalais, tout cela montre bien que la guerre Populaire est désormais internationalisée. L’extradition illégale de Bamdev Chhetri, membre du comité central [provisoire], de l’Inde  de quatre autres journalistes et plusieurs citoyens népalais, ainsi que le stationnement d’armées étrangères au Népal, pour un prétexte quelconque ou un autre, prouve une importante nervosité et l’angoisse de la classe dirigeante mondiale devant le rapide développement de la Guerre Populaire au Népal.

Dans le même temps, un autre front militaire a été ouvert en novembre 2002 à Khlanga, le quartier général de la région de Karnali, dans le district de Jumla dans le Népal occidental, et à Takukot, dans le district de Gorkha, dans la région centre-ouest du pays. Ces victoires militaires ont une importante signification historique, car elles sont les premières attaques d’envergure après le coup d’Etat royal.

Le 14 Novembre dernier, juste après l’adoption des 3 jours historiques de baisser de rideaux [bandh] à l’appel du CPN (maoïste), et organisé par l’URPC, des centaines de soldats de l’APL ont attaqué à Khalanga des bases de sécurité consistant en baraquements de l’armée, de nases de la police du district. Le bilan de ces attaques d’élève à 33 policiers, 4 soldats, parmi lesquels l’officier chef du district et deux inspecteurs-adjoints de police. Les forces de l’APL ont incendié le bureau administratif du district celui de la police, des impôts, la Tour de l’aéroport de Jumla, et une caserne des forces armées de la police et de la police régionale. Elles ont également saisi 2,1 millions de roupies en liquide et 1,7 millions en valeurs de la banque, avant de l’incendier. Le raid a également permis la récupération d’un grand nombre d’armes et de munitions. Les forces de l’Armée Populaire ont par ailleurs entrepris de forcer les portes du pénitencier du district. Il faut ici noter que c’est la première fois que l’APL est capable d’attaquer et de prendre une capitale régionale. Auparavant l’APL avait victorieusement attaqué les capitales de districts tel que Dunai dans le Dolpa, Ghonai dans le Dang, Mangalsen dans l’Accham et le Sardhikhanta du district d’Akghakhanchhi.

De même, le jour même les forces de l’Armée populaire ont attaqué le poste de police de Takukot dans le district de Gorkha, tuant 24 membres des forces de l’ordre et en blessant bien plus, avant de saisir 37 fusils. Cette attaque eut lieu en dépit de la haute concentration de forces armées dans le distrcit.

Le 4 décembre, une autre attaque réussie eut lieu à Lahan, dans la région orientale, contre le bureau de police local et la banque.

Dans la récente réunion du Comité central, le CPN (maoïste).a indiqué paser de sa position d’équilibre stratégique à la phase de la préparation à l’offensive stratégique. Cette décision en dit long sur la puissance du peuple, que ne peut égaler aucune arme, ni munition. Car aucun missile n’est dissuasif devant celui de la faim, lorsque celui-ci est enflammé par la puissance de l’idéologie M-L-M !

 

The Worker (N° 8) – Janvier 2003