L’AFGHANISTAN SOUS OCCUPATION US: UN AN DEJA.

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Légende photo 1

Un soldat US fouille avec arrogance une jeune fille, avec le plus total mépris de sa susceptibilité.

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Légende photo 2

À la mi-novembre, la police a ouvert le feu et a tué quatre étudiants afghans à l'Université de Kaboul qui tentaient de forcer un barrage de la police anti-émeutes pendant une manifestation contre la pénurie alimentaire depuis l’invasion US.

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Les impérialistes US ont envahi Afghanistan à l'automne 2001 comme première étape de leur "guerre au terrorisme". Une série d'articles dans AWTW 28/2002 a exposé les vraies intentions derrière l'agression américano-anglaise contre l'Afghanistan et l'hypocrisie de leur campagne d'opinion publique sur l'oppression des femmes, le changement de régime "democratique" et le fondamentalisme islamique. Depuis octobre 2002, les avions britanniques et américains ont déversé plus de 10000 tonnes de bombes sur le peuple afghan, assassinant plusieurs milliers de civils. La plupart de ces gens sont morts sous les raids aériens. Presque deux fois plus de soldats ont été tués, sur le champ de bataille ou prisonniers de guerre en transit. Environ 3000 parmi les 8000 prisonniers qui ont été enfermés dans des conteneurs métalliques étanches en route vers la prison de Sheberghan sont morts d'asphyxie ou par les balles tirées dans les conteneurs; 500 à 800 autres ont été abattus à Mazari-Sharif, principalement par des avions de guerre américains - un "des moments de fierté" de Rumsfeld, secrétaire de la Défense américaine. Des villages innombrables et des milliers de maisons ont été détruits. Selon le quotidien britannique "The Guardian", presqu’un quart de million d'Afghans s’est enfui vers l’Iran et le Pakistan après le 11 septembre, dont un nombre inconnu sont morts en route. 200 000 autres personnes ont fuit les bombardements de leur région, mais sont restées en Afghanistan. Les US refusent de publier un rapport précis sur la dévastation vengeresse qu'ils ont provoquée contre les gens, là bas.

En semant la peur et la terreur parmi la population, les US ont voulu conforter l'autorité de leur régime de marionnettes [fantoche] sur le peuple et établir les bases d’une occupation à moyen et long terme dans le pays et la région. La mention d'Al-Qaeda a pratiquement disparu du discours politique des impérialistes, prouvant à nouveau que le fait de contrer la résistance au régime islamique armé des Talibans par une terreur occidentale d'état plus sophistiquée était toujours plus motivé par le gain d’un point d'appui plus sûr dans le secteur que n'importe quelle autre de promesse. Les US ont longtemps eu le désir d'accroître leur influence en l'Asie centrale et de prendre le contrôle de ses vastes réserves de pétrole et de gaz naturel, ainsi que d’ouvrir une voie à ce pétrole vers le marché mondial principalement par un Afghanistan stable.

Mais la stabilité politique en Afghanistan ne sera probablement pas obtenue par la force, même plus grande; les opérations terroristes répétées des US et des forces alliées ont seulement réussi à braquer de plus en plus de gens contre à eux. Le bombardement par les US  d’un mariage en juillet 2002 s’est traduite par le massacre d'au moins 120 personnes, provoquant la colère dans tout le pays. La haine du fondamentalisme primitif et despotique des Talibans s'est métamorphosée en haine pour l'occupation des US. Et en plus de la vie sous une autre occupation étrangère, dont l’histoire de l'Afghanistan est jonchée, la dernière solution " made in Washington" n'a pas changé la misère quotidienne et l'oppression semi-féodale qui fait de la vie un enfer pour la population en général et pour les femmes en particulier. D’une certaine façon il l'a renforcée.

 

 

 

 

 

LA LOYA JIRGA RENFORCE LE RÉGIME FONDAMENTALISTE

 

En réalité, le régime fondamentaliste extrêmiste des Talibans a été remplacé par un autre régime fondamentaliste. "Le nouveau" pouvoir politique représente un compromis entre les forces islamiques diverses (jihadi) qui ont combattu les russes et, après leur retrait au début des années 1990, a établi l'état islamique d’Afghanistan, imposant un ensemble oppressif de règles islamiques, dénommé sharia, comme loi du pays. Maintenant ces mêmes forces politiques sont une composante importante du nouveau régime. M. Karzai, le favori de l'Ouest que les US ont choisi comme chef du gouvernement, n’est pas mieux : non seulement il travaille avec l'état Islamique d’avant les Talibans, mais il a été impliqué dans l’ascension des Talibans vers le pouvoir, leur fournissant de l'argent occidental et des armes - ils ont envisagé de le nommer porte-parole international. Karzai a vécu aux Etats-Unis pendant plusieurs années et a occupé un poste de conseiller à la compagnie pétrolière Unocal.

Après la réunion d'urgence de la "loya jirga" en juin 2002 (un conseil féodal de chefs de différentes régions) la composition du pouvoir politique a changé légèrement, mais dans le sens du renforcement du fondamentalisme plutôt que de son affaiblissement. Avant la loya jirga, un cercle de gens proches du Shah Zahir (le roi de l'Afghanistan avant le coup d’état de 1973) avait été inclus dans le nouveau gouvernement ; ils auraient agi plus comme des technocrates représentant la bourgeoisie bureaucratique que comme des fondamentalistes durs. Dans la lutte pour le pouvoir à la veille et pendant la loya jirga, ces forces très proches du Shah Zahir ont été affaiblies ou éliminées. Bien qu'à l'origine Zahir le Schah ait été considéré comme un candidat pour la tête de l'Etat, il a été au lieu de cela exclu en tout. Alors, une campagne contre le laïcisme et contre la liberté même limitée pour les femmes a été lancée par des membres influents du gouvernement. Le ministre de la Condition Féminine dans le gouvernement intérimaire, Sima Samar, a été aussi démissionée du nouveau cabinet après le loya jirga. Après qu'elle ait laissé entendre qu'elle n’était pas favorable à la sharia, une campagne a été immédiatement conduite contre elle pour la forcer à faire des excuses pour ses commentaires.

L’ombre pesante de l’impérialisme US planait au-dessus de la loya jirga. Zaimy Khalilzad, le conseiller de George Bush pour l'Afghanistan, s’activait dans les coulisses. Les puissants commandants si détestés des masses siégeaient au premier rang de l'assemblée, les autres rangs remplis à craquer de leurs partisans réactionnaires. Les impérialistes US ont cherché une large alliance avec la classe propriétaire féodale, qui trouve son expression politique chez les chefs militaires fondamentalistes, pour les développer encore plus comme capitalistes bureaucrates. L'approbation par les US de la nouvelle dictature religieuse est faite avec la pleine conscience que le fondamentalisme met agressivement en application les traditions les plus rétrogrades de la société, ce qui à son tour renforce les relations semi-coloniales/semi-féodales.

Soixante pour cent de la population sont des femmes, mais leur participation dans la loya jirga était seulement symbolique : un groupe de 15 femmes (soit 1% des représentants) a été soigneusement choisi et approuvé par les autorités. On rapporte que quelques participantes ont été menacées et abusées sexuellement pendant la loya jirga elle-même.

 

LA LOI ISLAMIQUE RÉPRIME LES FEMMES

 

Formellement les femmes ont maintenant "le droit" de porter  un tchador (permettant à leur visage d'être vu) au lieu de la suffocante burka qui les rend invisibles. Cependant, à Kaboul presque toutes les jeunes femmes portent toujours la burka, principalement par crainte. Quand les fondamentalistes du nouveau gouvernement sont sont revenus au pouvoir au début des années 1990, ils ont expulsé les femmes de leur emploi au gouvernement et de la vie politique du pays en général, imposant un grand nombre des normes intolérables de la tradition, comme les mariages arrangés. Ils ont aussi rendu le hijab (la couverture Islamique) obligatoire, menacé les femmes qui travaillaient et ont séparé garçons et filles dans les écoles. En 1994, la Cour suprême de l'Etat Islamique d'Afghanistan a publié "une Ordonnance sur le Voile des Femmes" qui exige qu’elles soient entièrement couvertes par la burka partout à l'extérieur de leurs maisons. Les forces de l’Alliance du Nord ont pratiqué systématiquement le viol collectif des femmes étrangères [par rapport à l’Alliance] et sont de ce fait profondément détestés et craints.

Aujourd'hui, on permet aux femmes de travailler s'il y a une possibilité de travail pour elles, et si toutefois elles osent résister aux menaces et aux conséquences. Cependant, seulement un petit nombre de femmes dans les grandes villes, avec les compétences utiles pour les hôpitaux ou les écoles, a la possibilité de trouver du travail. Pour la majorité des femmes rien n'a changé, et leur avenir est encore plus morne. Une femme a déclaré devant un bureau de Kaboul, "pendant quatre mois je suis venue ici chaque jour pour prier pour avoir du travail... Mes enfants sont affamés et personne ne fait ici rien pour moi". Ceci est typique de la situation de beaucoup de femmes en Afghanistan, et dans les campagnes, c'est pire.

Quand elles le peuvent, les filles retournent à l'école avec un grand enthousiasme, mais dans de nombreux cas, elles doivent faire face à la menace d'être incendiées. Plusieurs écoles de filles ont été bombardées dans les derniers  mois.

Non seulement le gouvernement ne prend pas de mesures pour empêcher de telles actions, mais, par des mesures anti-femmes diverses, les encourage. Quelques jours après sa prise du pouvoir, le nouveau gouvernement a publié le décret obligeant les femmes au port du hijab sur les lieux de travail. Aujourd'hui, même les journaux Occidentaux ne peuvent pas cacher la réalité sur la façon dont le nouveau gouvernement perpétue l'oppression formelle de femmes institutionnalisée par l'état islamique. De bien des façons, ils poursuivent même le travail des Talibans eux-mêmes.

Le magazine US Newsweek a rapporté comment une prisonnière, qui était faussement accusé d'adultère sous le régime des Talibans sur la seule base du témoignage de son ex-mari, a été poursuivie et emprisonnée par le nouveau gouvernement. Dans l'état de Herat il est interdit aux femmes de rejoindre leurs familles qui se promènent le soir dans les parcs de la ville pour se soulager de la chaleur, et on ne leur permet pas de porter des vêtements colorés en public.

Tandis que les US ont trompeusement proclamé qu'ils libéreraient les femmes, ce qu'ils ont réalisé en mettant au pouvoir des marionnettes à leur botte ne s’approche même pas du concept démocratique-bourgeois de l'égalité des sexes. L'ironie est que la situation des femmes dans les villes est plus en retrait  que dans les années 1980 et avant, époque à laquelle 40 pour cent des médecins et 50 pour cent des étudiants de l'université à Kaboul étaient des femmes.

 

STABILITÉ, SÉCURITÉ ET PROPÉRITÉ POUR QUI?

 

Un des buts principaux des impérialistes en Afghanistan est "la stabilité", mais comme ils l'ont défini : une stabilité pour faire de l'Afghanistan un lieu sûr pour leurs plans stratégiques dans la région et un itinéraire sûr pour le pétrole et le pipeline de gaz naturel de l'Asie centrale. Un an après que les US aient  déclaré victoire en Afghanistan, la situation est tout sauf stable. Le gouvernement [fantoche] de marionnettes et les forces de sécurité n'a aucun contrôle à l'extérieur de Kaboul, qui ne peut elle-même être considérée comme sûre. Par exemple, Karzai dépend entièrement des soldats américains pour sa protection personnelle propre. Quelques calibres [personnages] dans les cercles impérialistes soutiennent qu'une invasion et une occupation totales sont nécessaires pour prendre le contrôle complet, plutôt que de le confier à un régime [fantoche] de marionnettes.

Le manque de fiabilité des commandants régionaux et des chefs est aussi lié à leur rôle historique dans la défense de l’un ou l’autre des envahisseurs colonialistes dans "les grandes manoeuvres" que les grandes puissances ont joué entre elles pendant presque deux siècles autour  de l'Afghanistan d’une importance si stratégique. Clairement, une source d'instabilité et une raison pour que la puissance/force militaire américaine pure n’ait pas prévalu, contrairement  à ce que les US avaient annoncé, est qu’aujourd'hui les forces réactionnaires diverses en Afghanistan et dans le gouvernement ont la caractéristique particulière d'avoir changé d'allégeance politique [retourné leur veste] à maintes reprises dans les deux dernières décennies. Mais en réalité la situation actuelle d'insécurité et de pauvreté extrême des masses populaires a été causée par la rivalité des grandes puissances pour l'obtention du pouvoir en Asie centrale et non pas par les seigneurs de la guerre des pays voisins plus petits, qui ont simplement servi de pions dans la mainmise impérialiste. Le quotidien Guardian rapporte que dans la quinzaine après le 11 septembre, des troupes paramilitaires de la C.I.A. ont été parachutées pour livrer des valises bourrées de dollars aux chefs militaires locaux pour acheter leur coopération, en l’occurrence 3 millions de $ au bas mot.

Bien qu'il y ait eu beaucoup de paroles sur la reconstruction de l’Afghanistan, pour les impérialistes cela signifie réellement comment stucturer le pays pour mieux le dominer. On doit resituer les grandes quantités d’argent pour l'aide à la reconstruction promises par les  Occidentaux dans l’objectif global de ficeler l'Afghanistan le plus étroitement possible dans le marché mondial. Ceci le placera dans une position plus favorable pour les impérialistes qui veulent en extraire de larges profits à long terme. En attendant, leur but est de créer et de faire croître une petite classe de dirigeants politiques loyaux pour développer un certain degré de stabilité. Cependant, cette solution politique exclut les masses populaires, comme la pauvreté intense et la désespérance du peuple le démontre.

La reconstruction n’a pas grand chose à voir avec l'amélioration du niveau de vie du peuple afghan. À Tokyo les impérialistes ont promis à 5.2 milliards de $ en 5 ans, mais seulement la moitié des 1.8 milliards de $ promis la première année a en réalité été remise. Même si une partie de ces dons est dépensée en construction de routes ou en achat d'avions, de matériel de communication et autres équipements modernes, leur objectif est de faciliter les transports militaires et la circulation des capitaux. Le coût des seules opérations militaires de l'année passée est évalué à plus de 10 milliards de $. Une grande partie de l’aide est allouée à la construction d'une armée, entrainée par plusieurs pays Occidentaux. Un reporter d'investigation britannique décrit le ressentiment local intense envers le millier d’agences de l'ONU et d’organisations non gouvernementales qui squattent un bon tiers de ce qui reste de Kaboul, provoquant ainsi une hausse délirante des loyers et le gaspillage d’une énorme partie de l’argent de l’aide en  salaires surgonflés et en flottes entières de [Land Cruisers] 4x4.

Depuis l'invasion par les US la situation économique des masses populaires, particulièrement les pauvres, a empiré, sans perspectives de travail ou d'autres sources de revenus. Selon le Programme Alimentaire  Mondial, plus de la moitié des familles afghanes ont besoin de vivres d’urgence. Quelques paysans pauvres n'ont eu d’autre choix que de revenir à la culture de l'opium. Ceux qui n'ont pas perdu la vie ont perdu tout ce qu'ils possédaient dans les attaques aériennes américaines. La demande sur les habitations existantes croît, forçant les pauvres à se loger dans des taudis. Une remarque commune faite aux journalistes est : "Au début, quand les Américains sont arrivés, j'étais heureux. J'ai pensé, 'nos vies vont s'améliorer'. Mais finalement, il n'y a rien pour nous."

Les conditions de vie désastreuses et la dévastation causée par la guerre impérialiste sauvage pour installer le nouveau régime [fantoche] de marionnettes/guignols au cours de l'année passée, qui a brisé la vies de tant d'afghans, sont seulement un avant-goût de ce qui attend les irakiens quand les US lâcheront complètement  leurs chiens de guerre dans la prochaine étape de sa croisade pour la construction de son empire.