Résolution
adoptée à la Deuxième conférence annuelle du Comité de coordination des partis
et organisations maoïstes d’Asie du Sud
Depuis la tenue de la Conférence de fondation lors de
laquelle le Comité de coordination des
partis et organisations d’Asie du Sud a été formé en juin 2001, le monde a
connu des changements dramatiques. Les attentats contre des objectifs
stratégiques états-uniens qui ont eu lieu le 11 septembre ont transformé le
paysage politique international. Celui-ci présente désormais à la fois des
dangers mortels, des défis et des opportunités historiques au prolétariat et
aux peuples opprimés.
Face à la crise grandissante du système impérialiste
mondial, les grandes puissances impérialistes, avec en tête les États-Unis, ont
utilisé ces attentats pour justifier le déclenchement d’une guerre tous azimuts
contre les peuples et les nations opprimées de par le monde. Ces chiens, qui
répandent la terreur à l’échelle internationale, ont uni leurs efforts pour maintenir,
voire consolider leur mainmise sur les ressources et les marchés, et pour
enfoncer leurs crocs encore plus, de sorte à saigner la force de travail des
ouvrières et ouvriers et à dévaliser les masses populaires. Les impérialistes
luttent désespérément pour défendre et étendre leurs capacités de piller les
nations opprimées et d’en tirer le maximum de profits. Ce faisant, ils en sont
réduits à se chamailler de plus en plus pour obtenir la meilleure part du
butin. Dans ce contexte, le contrôle des vastes ressources en pétrole du
Moyen-Orient et de la mer Caspienne devient un élément de plus en plus critique
au maintien de leur hégémonie.
Dans cette quête vers la réalisation de leurs
objectifs impérialistes, l’alliance dirigée par les États-Unis a d’ores et déjà
bombardé le peuple d’Afghanistan, réduisant à néant ses moyens de subsistance,
ses villes, ses villages de même que son infrastructure économique et sociale.
Cette guerre d’agression lâche et brutale ne visait pas seulement qu’à détruire
le réseau al-Qaida et le régime des Talibans — qui tirent tous deux leur
origine et leur croissance de l’impérialisme U.S. —, ni non plus qu’à y mettre
en place un régime compradore féodal encore plus loyal et soumis : plus
fondamentalement encore, l’objectif de l’impérialisme était d’établir une base
militaire en Afghanistan, grâce à laquelle il pourra dominer toute l’Asie
centrale et l’Asie du Sud. Le peuple afghan continue toutefois à opposer une
résistance tenace à l’agression et à l’occupation impérialistes.
Les États-Unis ont par ailleurs autorisé l’État
sioniste et fasciste d’Israël — qui constitue son chien d’attaque numéro un au
Moyen-Orient — à entreprendre une guerre de terreur et de génocide systmatique
pour écraser la résistance palestinienne. Le président des États-Unis, George
W. Bush, s’est quant à lui engagé à mener une guerre sainte, sous la forme
d’une croisade barbare, contre toute une série d’États qui n’ont pourtant rien
à voir avec les attentats du 11 septembre, tels l’Iran, l’Irak, le Soudan, la
Somalie, la Lybie, le Yémen et la Corée du Nord. Il se prépare actuellement à
bombarder le régime irakien et sa population et à mener une guerre qui sera
encore plus brutale et destructrice que jamais auparavant.
Les États-Unis ont développé une alliance stratégique
avec l’État indien, dans le but d’étendre et de consolider leur domination
hégémonique sur la région sud-asiatique. Cette alliance vient également
soutenir l’État monarchiste féodal compradore et autocratique du Népal, qui
cherche désespérément à écraser militairement la guerre populaire torride
actuellement dirigée par le Parti communiste du Népal (maoïste) (PCN[M]). Avec
la proclamation de l’état d’urgence en novembre 2001, l’État népalais a
déclenché une véritable guerre de génocide contre le peuple de ce pays, qui a
fait en moyenne jusqu’ici une douzaine de victimes par jour. En un an à peine,
plus de 3 000 personnes ont ainsi été assassinées. L’État népalais a commis des
massacres de masse, incluant des viols collectifs et l’utilisation de la
torture la plus brutale, tout en menant une campagne de désinformation visant à
dissimuler le bain de sang dont il s’est rendu coupable. Il a en outre suspendu
tous les droits démocratiques fondamentaux qui existaient légalement : les
journalistes et les militantes et militants progressistes ont été
systématiquement arrêtés-es, voire assassinés-es. Afin de centraliser,
concentrer et monopoliser encore plus le pouvoir d’État, la monarchie a
marginalisé le Parlement et les autres institutions officielles, tout en
renforçant le rôle des forces qui lui sont soumises, telle « l’Union des
marxistes-léninistes » (NDLR — il s’agit du parti révisionniste, qui forme
l’opposition officielle).
L’État expansionniste indien appuyé par l’impérialisme
U.S. n’a pas hésité à collaborer à la mise en application des politiques
fascistes et génocidaires de l’État népalais, notamment en arrêtant puis en
déportant des journalistes opposés au régime monarchiste. Des ressortissants
népalais qui étaient venus en Inde pour y recevoir des traitements médicaux ont
même été enlevés et envoyés directement dans les chambres de torture de l’État
népalais.
L’alliance stratégique entre l’Inde et les États-Unis
a conduit à l’ouverture d’un bureau du FBI à Delhi, afin d’assurer une meilleure
coordination à la stratégie contre-révolutionnaire en Asie du Sud. Les
manœuvres politiques réalisées par l’impérialisme dans le cadre de la guerre au
terrorisme ont amené l’Inde et le Pakistan au bord d’un affrontement nucléaire
dont les conséquences auraient été dévastatrices pour les peuples de la région.
À travers les méandres du processus de paix et grâce à la connivence active de
la classe dominante sri lankaise, les États-Unis et l’Inde ont pu tous deux
accéder aux installations militaires qu’on retrouve sur cette île et s’ingérer
dans la vie politique du Sri Lanka, comme jamais auparavant. Les manœuvres de
l’impérialisme au Sri Lanka constituent une violation de la souveraineté de ce
pays ; elles visent à intensifier sa domination et son contrôle.
L’État expansionniste indien connaît quant à lui une
militarisation croissante. Ses appareils idéologique et répressif sont
désormais prêts à écraser toute résistance et toute opposition de la part des
forces révolutionnaires et populaires. Celles-ci sont toutefois destinées à
s’intensifier face à la stratégie combinée de mondialisation et de
contre-révolution qui se déroule actuellement. L’État central a établi de
nouveaux mécanismes pour coordonner l’activité contre-révolutionnaire, tant au
niveau des différents États qu’à celui des districts. Suivant les dispositions
de l’odieuse loi pour la prévention du terrorisme (Prevention of Terrorism Act), l’État indien n’a pas hésité à bannir
le Communist Party of India – Marxist-Leninist (People’s War) (CPI-ML [PW])
ainsi que le Maoist Communist Center (MCC), dans ce qui est une tentative
désespérée de stopper la vague montante de la révolution démocratique populaire
et de la guerre populaire prolongée dirigées par les détachements d’avant-garde
maoïste. Fidèles à leur nature de classe, les partis de la « gauche »
parlementaire révisionniste ont été de mèche avec la contre-révolution. La
classe dominante indienne distille le chauvinisme de grande nation pour
promouvoir son agenda contre-révolutionnaire. S’ajoute à cela l’hystérie de
guerre anti-pakistanaise et le chauvinisme fasciste hindou, qui prennent
désormais une forme extrêmement dangereuse de la part du Bharatiya Janta Party
(BJP) au pouvoir et de ses nervis fascistes. Le harcèlement des minorités en général,
et des Musulmans en particulier, est désormais institutionnalisé. La Deuxième
conférence annuelle du Comité de coordination des partis et organisations
maoïstes d’Asie du Sud condamne plus spécifiquement les pogroms anti-musulmans
qui ont eu lieu récemment dans l’État de Gujarat, à l’instigation des
dirigeants du BJP.
La stratégie combinée de mondialisation et de
contre-révolution a également eu pour effet d’intensifier l’exploitation,
l’oppression et la répression des masses populaires au Bangladesh et au Sri
Lanka.
Mais comme l’a si bien dit Mao, « là où il y a oppression, il y a résistance ». Les politiques
répressives et les actions contre-révolutionnaires menées par l’impérialisme
finissent par alimenter la colère et les protestations des masses populaires,
et à répandre les flammes de la guerre populaire révolutionnaire.
Le peuple opprimé de Palestine résiste avec courage et
détermination à la vague d’agression et au génocide mené par l’État d’Israël.
Les Palestiniennes et Palestiniens sont aux premières lignes du combat
anti-impérialiste mené par les peuples du monde. À chaque jour qui passe, à
travers leur propre expérience, elles et ils peuvent constater la duperie et la
trahison de leur direction féodalo-bourgeoise. Elles et ils viendront inévitablement
à exiger une direction prolétarienne basée sur la science de
marxisme-léninisme-maoïsme. Partout dans le monde, des dizaines de milliers de
progressistes se rassemblent pour dénoncer l’agression impérialiste et résister
à la domination du capital financier. La guerre populaire prolongée se
développe au Pérou, au Népal, en Inde, aux Philippines et en Turquie ; alors
qu’en d’autres endroits, les partis et organisations maoïstes accélèrent les
préparatifs pour initier eux-mêmes et diriger la guerre populaire.
Le sous-continent sud-asiatique devient un centre de
tempête révolutionnaire de plus en plus explosif. En suivant le chemin de la
guerre populaire prolongée, la révolution de démocratie nouvelle dirigée par le
PCN(M) a réussi à transformer chacun des défis et des dangers auxquels elle a
eu à faire face jusqu’ici, en autant d’opportunités et d’avancées. Elle a
réalisé des bonds qualitatifs qui l’ont conduit à un nouveau point tournant où
la question de la prise du pouvoir se pose à un niveau plus élevé. La
révolution au Népal a permis de renforcer la dynamique de construction d’un
mouvement révolutionnaire basé sur le marxisme-léninisme-maoïsme dans toute
l’Asie du Sud. Le Comité de coordination des partis et organisations maoïstes
d’Asie du Sud constitue aujourd’hui l’expression de cette logique et de cette
nécessité. Le CPI-ML (PW) et le MCC font présentement de nouvelles avancées,
tant aux niveaux idéologique, politique que militaire. D’autres partis qui
participent au Comité de coordination, en Inde, au Bangladesh et au Sri Lanka,
développent eux aussi leur capacité d’initier et de diriger la guerre populaire
en se basant sur le marxisme-léninisme-maoïsme. En Inde, des efforts sérieux
ont été entrepris par les différents partis et organisations authentiquement
maoïstes afin de construire un centre révolutionnaire unique. Au Bangladesh,
les forces maoïstes travaillent là aussi à bâtir une parti unifié sur la base
d’une ligne révolutionnaire juste. Alors nous pouvons dire, nous aussi, que « le chemin est sinueux, mais l’avenir est
radieux ». Ainsi, la Deuxième conférence annuelle du Comité de coordination
des partis et organisations maoïstes d’Asie du Sud représente un pas en avant
historique sur la voie de Naxalbari de même qu’une puissante expression du
processus révolutionnaire en Asie du Sud, qui avance en lien avec la révolution
socialiste prolétarienne mondiale et dans le but d’achever le triomphe du
communisme, sur les ruines de l’impérialisme.
La Deuxième conférence annuelle du Comité de coordination
des partis et organisations maoïstes d’Asie du Sud réaffirme son dévouement et
son engagement à arborer et à appliquer la science invincible du
marxisme-léninisme-maoïsme aux conditions concrètes de notre région et de nos
pays respectifs. La Conférence réaffirme son dévouement et son engagement à
s’unir aux luttes révolutionnaires des peuples et des nations opprimées de la
région et à celles qui se déroulent ailleurs dans le monde contre la domination
impérialiste, ainsi qu’à les soutenir. Dans ce contexte, elle défend et
soutient la lutte du peuple palestinien contre l’État sioniste et fasciste
d’Israël ouvertement soutenu par l’impérialisme U.S. La Conférence appelle
l’ensemble des forces révolutionnaires maoïstes authentiques de la région à unir
et coordonner leur activité politique et leur capacité de combat, de sorte à
transformer l’Asie du Sud en une forteresse rouge de la révolution mondiale —
une zone libérée —, et à hâter la destruction finale de l’impérialisme et de la
réaction et la réalisation du communisme international.
Le Comité de coordination des partis
et organisations maoïstes d’Asie du Sud [1]
Le 15 septembre 2002
[1] Le Comité regroupe les partis et organisations suivantes :
• Purba Bangla Sarbahara Party (CC) -
Bangladesh
• Purba Bangla Sarbahara Party (Maoist
Punarghathan Kendra) - Bangladesh
• Bangladesh Samyabadi Party (ML) - Bangladesh
• CPEB (ML) - Bangladesh
• Communist Party of Ceylon (Maoist) - Sri
Lanka
• Maoist Communist Center – Inde
• Communist Party of India – Marxist-Leninist
(People’s War) – Inde
• Communist Party of India – Marxist-Leninist
(Naxalbari) – Inde
• Revolutionary Communist Centre of India
(Maoist) – Inde
• Revolutionary Communist Centre of India (MLM)
– Inde
• Parti communiste du Népal (maoïste) - Népal